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Akhénaton

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Message  Admin Dim 4 Nov - 17:01

Amenhotep IV (Aménophis IV en grec ancien, Akhénaton ou, plus rarement, Khounaton et Akhnaton) est le neuvième pharaon de la XVIIIe dynastie (période du Nouvel Empire). Manéthon l’appelle Aménophis.

Akhénaton 360px-Pharaoh_Akhenaten

On situe son règne de -1355 / -1353 à -1338 / -1337[1]. L'éclipse totale de soleil du 14 mai -1337 pourrait être concomitante avec sa mort[2].

Il est le fils de la reine Tiyi et du roi Amenhotep III. Figure controversée, considéré parfois comme l’un des plus grands mystiques de l’Histoire, il bouleverse, pour le temps d'un règne, l’histoire de l’Égypte en accélérant l'évolution théologique commencée par son prédécesseur et en voulant imposer le culte exclusif de Rê-Horakhty « qui est dans Aton »[3], dont il est à la fois le prophète et l’incarnation.

Au niveau artistique, parallèlement (et en rapport étroit) avec la réforme religieuse, son règne voit aussi l'émergence d'une nouvelle esthétique, à la fois baroque et naturaliste, l’art amarnien (voir ci-dessous). L'imagerie royale est la première concernée par ce mouvement, qui rompt totalement avec la tradition, représentant le pharaon et sa famille dans leur intimité. Cette rupture avec l'élégance du classicisme aboutit, dans les cas les plus extrêmes, aux représentations de ces corps androgynes, aux proportions exagérées qui ont de quoi surprendre.

Sur le plan politique enfin, les choix - ou l'inertie - d'Akhénaton conduiront à la première véritable crise du Nouvel Empire, tant sur le plan économique qu'internationale. Avec le pharaon hérétique, la XVIIIe dynastie touche bientôt à sa fin.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 17:02

La possible corégence et les premières années
La possibilité d'une corégence du jeune Amenhotep IV avec son père reste incertaine. Certains spécialistes la font débuter vers l'an XXVIII / XXIX d'Amenhotep III, d'autres en XXXVII / XXXIX[6]. Un bas-relief du troisième pylône du temple d'Amon-Rê représente le père et fils couronnés, participant aux fêtes jubilaires.

Les distances prises entre le roi et le clergé d'Amon sont déjà attestées sous Amenhotep III, la place de Rê, l'influence de la théologie solaire héliopolitaine et les mentions à Aton sont plus présentes dans les hymnes et les titulatures royales.

C'est vers -1355 / -1353 qu'Amenhotep IV, couronné sous le nom de Néferkhéperouré, « Les manifestations de Rê sont parfaites », Ouâenrê, « L'Unique de Rê », alors âgé de seize ans, monte sur le trône d'Égypte. Avant l'an IV, il est déjà marié à la belle Néfertiti (La Belle est venue), aux origines incertaines.

Durant les trois premières années de son règne, Amenhotep IV s'inscrit en continuateur, bien que modéré et déjà novateur, de l'œuvre de ses pères. Ses constructions à Karnak attestent de cette tendance double. Il adjoint au troisième pylone de Karnak un « vestibule », sur la paroi duquel apparaît une scène de l'imagerie traditionnelle. Mais dans le même temps, il fait construire, en dehors de l'enceinte du temple, un sanctuaire dédié à Aton, le Gematon (Aton est trouvé). Sur les murs de ses constructions, il continue à inscrire son nom, Amenhotep. Mais dans le domaine artistique, ces portraits évoluent déjà vers les canons amarniens si particuliers[7].

Dès l'an IV, Akhénaton prend une décision surprenante : il fait célébrer sa première fête-sed, rituel jubilaire de régénération, qui marque traditionnellement les trente ans de règne d'un souverain. Le roi était-il faible ou souffrant ? Il est plus concevable d'y voir plutôt une étape de sa réforme religieuse : les célébrations ont lieu dans le temple d'Aton à l'est de Karnak, le Gematon, et Néfertiti en occupe, avec son époux, le rôle central.

On connait peu le contexte dans lequel le roi marque sa véritable « rupture », entre l'an IV et l'an VI.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 17:03

Révolution religieuse
Le jeune souverain va progressivement d'abord, puis plus brutalement ensuite, imposer la première religion hénothéiste connue de l'histoire, privilégiant le culte du disque solaire Aton. Pour des raisons encore mal connues, mais vraisemblablement en butte au conservatisme et à l'hostilité du clergé thébain, Akhénaton décide d'abandonner le culte du dieu dynastique Amon, le « dieu caché ».

En l'an IV du règne, il fait sa première visite à l'endroit où sera fondée sa future capitale, une cité vierge de la présence du dieu thébain. Il choisit comme emplacement un lieu désertique en Moyenne-Égypte, sur la rive orientale du Nil, où, il fait construire la cité d'Akhetaton (« L'horizon d'Aton »), l'actuelle Tell el-Amarna, à quelque 300 km au nord de Thèbes. Il entame des travaux qui draineront une grande partie des revenus affectés à Thèbes.

En l'an VI, il change de titulature, prend le nom d'Akhénaton, « Celui qui est bénéfique (ou utile) à Aton », et quitte enfin la ville d’Amon, Thèbes. La grande épouse Néfertiti porte le nom de Néfernéferouaton (Belle est la perfection d'Aton). Toute la cour et l'administration royales déménagent pour la nouvelle résidence encore inachevée, dont les temples, dédiés au dieu unique Aton, sont construits à ciel ouvert pour permettre à ses rayons bienfaisants d'y pénétrer.

On attribue souvent cette révolution culturelle et religieuse au seul Akhénaton, mais il semble qu'il n'ait fait qu'imposer une tendance née durant le règne de son père, Amenhotep III. Nicolas Grimal parle d'une « solarisation » des principaux dieux sous ce roi et le culte exclusif du Disque solaire en serait l'aboutissement logique[8].

Avant Akhénaton, Aton était un dieu mineur dont l'existence est attestée dès le Moyen Empire. Au Nouvel Empire, Thoutmôsis III s'était placé sous sa protection et Amenhotep III, dont l'une des épithètes était « Rayonnement d'Aton », avait encouragé le culte du dieu.

En l'an IX de son règne, Akhénaton ira plus loin, dans une apparente radicalisation de sa réforme atonienne : il ordonne de détruire, dans les principales régions névralgiques du royaume, les images de culte des anciennes divinités[9], à l'exception notable de Rê, afin de mener à bien son "opération" magique, effaçant l'expression des principes anciens pour faire place à la fonction nouvelle qu'il incarnait. En martelant les noms des dieux, dans un système de croyances où le Verbe est créateur, il annule leur faculté de s'incarner et occulte leur influence. Il fait ainsi du Disque solaire le dieu universel, l'Unique « qui n'a pas son pareil », le démiurge qui répète son acte créateur à chaque lever du soleil. Pour souligner la royauté céleste d'Aton, le nom du dieu est inscrit dans des cartouches : il est « Rê-Horakhty qui se réjouit dans l'horizon », « Le Souverain (heka) des deux horizons ».

Le roi est l'image terrestre d'Aton, son « enfant parfait » ; avec la grande épouse royale, Néfertiti, il est le seul intermédiaire entre la divinité et les humains. À l'instar de la triade Amon – Mout – Khonsou, le couple royal forme avec Aton une triade divine adorée dans les demeures des hauts dignitaires. Le peuple quant à lui, perpétue dans une grande majorité les cultes privés traditionnels.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 17:04

Révolution artistique

Akhénaton Nefertiti

L'art amarnien se caractérise par un style naturaliste où abondent les plantes, les fleurs et les oiseaux, mais aussi, dans les cas les plus extrêmes, par un « académisme de cauchemar » (J. Leclant) poussant jusqu'à la caricature apparente. Ainsi, les statues colossales découvertes dans le temple d’Aton à Karnak sont à l’opposé de l’art classique idéalisant : elles montrent le roi avec un corps d’androgyne aux hanches exagérément larges, le ventre proéminent, la tête allongée et les lèvres charnues. D’autres statues le montrent apparemment nu mais asexué. Sur un bas-relief, aujourd’hui conservé à l'Ägyptisches Museum, Néfertiti et les petites princesses sont représentées avec le même visage étiré en longueur, en tout point identique à celui d’Akhénaton qui leur fait face.

Certains archéologues estiment par conséquent que l’iconographie d'Amarna ne faisait que suivre une exigence de pharaon qui voulait que fût mis en évidence le lien exclusif qui unissait la famille royale au Dieu unique créateur de toute vie. En effet, il ne faut pas oublier que l'art amarnien fut un art de cour qui, tout comme l'art traditionnel et ses conventions figuratives, devait respecter les normes qu’imposait une perspective hiérarchique.

Il se peut toutefois qu’Akhénaton ait eu un physique très ingrat, voire un handicap. On a ainsi avancé l'hypothèse selon laquelle le roi aurait été atteint d'une maladie génétique rare et transmissible à sa descendance : le syndrome de Marfan, à moins que ce ne soit le syndrome de Froehlich. La représentation artistique de certains membres de la cour amarnienne disposant, dans de moindres mesures, des mêmes déformations rend cette théorie peu plausible. On a encore dit que le roi aurait été atteint d'épilepsie, provoquant chez lui de longues crises hallucinatoires et douloureuses.

On prête aussi à ce mystique des talents de poète, s'il est vrai qu'il a lui-même composé le Grand Hymne à Aton gravé dans la tombe d'Aÿ.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 17:04

Le cœur du règne
Akhénaton perpétue la tradition de rois bâtisseurs de ses prédécesseurs. Il élève des temples, qu'il appelle Gematon, comme à Karnak, à Kawa et à Sesebi, ainsi qu'une ville fortifiée en aval de la troisième cataracte[10].

L’an XII semble être l’apogée du règne. Une fête grandiose est célébrée dans la cité où les envoyés des roitelets palestiniens et de Nubie, du pays de Koush et du pays de Pount, apportent leurs présents au roi et à la grande épouse royale, possiblement en présence de la reine mère Tiyi.

Cette dernière, dont l'importance en matière de politique, intérieure comme internationale, fut avérée à Thèbes sous le règne précédent, fit, selon certaines représentations, plusieurs séjours dans la nouvelle capitale, et y séjourna peut-être. Elle semble avoir conservé une certaine influence sur son fils[11]. Quelle rôle a-t-elle joué dans les bouleversements imposés par son fils ? Il est encore impossible de le déterminer. Elle est souvent accompagnée par sa plus jeune fille Baketaton, dont l'âge se rapproche de celui de ses nièces, les filles d'Akhénaton. Quoi qu'il en soit, la reine mère et sa fille cadette meurent toutes deux, au plus tard en la fin de l'an XII.

Les décès qui frappent le roi, dont toute l'imagerie montre - outre son sens rituel - le profond attachement à sa famille, ne s'arrêtent pas là. La petite princesse Mâkhétaton, seconde fille du roi, meurt en l'an XIV. Les scènes rituelles de deuil sont représentées, sans cacher le chagrin du couple royal.

À partir de cette date, la documentation se raréfie, et il devient extrêmement complexe de déchiffrer la succession des événements qui marque la dernière partie du règne.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 17:05

Période noire ?

Loin de l'image idyllique d'un pharaon poète et rêveur mystique, image peut-être exagérée par l'imaginaire collectif, le règne d'Akhénaton est aussi considéré par beaucoup d'égyptologues comme une période sombre dans l'histoire de l'Égypte antique. La réforme religieuse d'Akhénaton entraîna une perte d'influence importante des dieux du panthéon traditionnel : suppression de certains cultes, fermeture de temples, perte de biens du clergé, dégradation des effigies divines, ce qui vaudra au roi d'être surnommé - de manière discutable - le pharaon hérétique.

Yoyotte et Vernus ne croient pas en un Aton fanatique et intolérant[12]. Le martelage des noms ne touche pas le royaume dans son entier, et le nom de certains dieux est laissé intact[13]. Le Fayoum semble même avoir presque complétement échappé au martelage[14].

Si le roi s'attaque aux cultes des divinités traditionnelles du royaume, il n'y a aucune persécution du peuple d'Égypte, qui continue à préserver ses croyances. Les noms théophores au sein du peuple restent inchangés, et à Akhetaton même, la découverte de petites idoles traditionnelles dans certaines habitations plaident pour la continuité des croyances polythéistes habituelles[15].

Les plus grands spécialistes étant encore très partagés sur la question, il convient donc de prendre tous les faits en considération afin de se faire une idée synthétique des bouleversements apportés par Akhénaton.

Il est cependant évident aussi que, en raison d'une centralisation excessive, et apparemment inefficace, ainsi qu'à l'amoindrissement des actifs et la confiscation des domaines des temples, l'Égypte connut une crise économique. En effet, en l'absence de tout numéraire, le système économique et social était basé sur le troc et sur la distribution des ressources stockées dans les greniers de l'État et des temples, de sorte que la confiscation des « domaines divins » par la couronne ruinait « tout un système de production et de redistribution qu'aucune structure nouvelle ne vient remplacer».
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Message  Admin Dim 4 Nov - 17:06

Politique extérieure
En Syrie et en pays de Canaan, les Hittites et les Amorrites grignotent petit à petit les conquêtes de Thoutmôsis III. Ainsi, le roi de Qadesh, entré dans l’alliance hittite, conquiert la Syrie du Nord, tandis que Suppiluliuma (-1382 / -1342) et Assur-uballit Ier s’attaquent au Mitanni, allié de l’Égypte. De son côté, le roi d’Amourrou se rend maître de plusieurs places fortes de la côte phénicienne. Akhénaton omet de venir en aide à ses vassaux, malgré leurs appels pressants, de sorte que son inertie cause la perte de Sidon, de Tyr et de Byblos. Pendant ce temps, des bandes de nomades pillards, les Apirou, s’emparent de Megiddo et de Jérusalem.

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La correspondance diplomatique retrouvée entre les différents grands états d'Orient souligne encore davantage la négligence (ou la maladresse ?) du pharaon, qui aggravent l'affaiblissement de l'Égypte dans ses possessions asiatiques et son influence dans les cours étrangères. L'or est alors un élément de première importance dans la politique internationale, et l'Égypte, prospère, est réputée en posséder à profusion. Alors qu'une grande partie du prestige moral du royaume, et de son influence à l'extérieur, repose sur sa prodigalité (ce qu'avait parfaitement compris Amenhotep III), Akhénaton est beaucoup moins généreux que son père, et les envois d'or s'amaigrissent considérablement. Les rois d'Assyrie, de Babylone et du Mitanni s'en plaignent dans les lettres qu'ils adressent à leur « frère » d'Égypte, sur des tons de moins en moins amicaux.

À la fin du règne, il ne subsiste presque rien de l’empire asiatique des premiers Thoutmosides.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 17:06

La fin du règne

La mort d'Akhénaton est entourée de mystère. On ne sait ni quand ni comment il décède, ses successeurs ayant tout fait pour effacer les traces du roi hérétique. Tout au plus peut-on dater de l’an XVII / XVIII la dernière inscription qui le mentionne.

Smenkhkarê[17], gendre et successeur d’Akhénaton après une probable corégence[18], meurt après un règne éphémère. Le pouvoir revient alors à un enfant de neuf ans, Toutânkhaton, qui avait épousé la troisième fille d’Akhénaton. Nous ne savons rien de précis sur l’ascendance du jeune souverain. Il existe cependant une hypothèse qui affirme que Kiya, la « Grande Épouse, aimée du Roi », serait sa mère, après la disgrâce ou la mort de Néfertiti, étant donné qu'une autre femme que Néfertiti est représentée sur une peinture murale dans un palais d'Akhetaton, dans la chambre de pharaon plus précisément. Ce qui est sûr en revanche, c'est que le culte d'Aton s'éteint pratiquement avec la disparition d'Akhénaton. Au bout de trois ans, Toutânkhaton quitte Tell el-Amarna ; il adopte le nom de Toutânkhamon, restaure le culte des dieux traditionnels et rétablit le clergé dans les biens dont l’avait dépouillé le « misérable d'Akhétaton ».
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