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Message  Admin Jeu 8 Nov - 4:21

(730 - 804): Albinus Flaccus. Clerc anglo-saxo né à York où il fut placé à la tête de l'école cathédrale après en avoir suivi l’enseignement sous la conduite du savant Aelbert, élève de Bède le Vénérable, celui-ci le fait voyager dans les grandes écoles épiscopales et monastiques d’Angleterre où il observe le savoir-faire des moines irlandais qui travaillent dans les scriptoria.
Il est considéré comme l'un des maîtres de la culture chrétienne de l'Angleterre, il ouvre la culture aux laïcs et prône des écrits clairs et lisibles, il est farouche partisan de la tolérance et du progrès par le savoir. Opposé à la conversion forcée des Saxons, il écrira « Le Christ n’a pas dit : « allez et baptisez ! », mais plutôt : « allez, enseignez et baptisez ! ». Son œuvre abondante porte sur la théologie, la liturgie et la culture en général.
C'est lors de son voyage en Italie en 781 où il fit baptiser son fils par le Pape que Charlemagne fit la connaissance d'Alcuin. Le souverain l’appelle pour présider l'école du Palais à Aix-la-Chapelle ce qui équivaut à cumuler les charges de ministre de l'enseignement et de conseiller intime de l'empereur.
Ce clerc est l'un des fondateurs de la renaissance carolingienne avec le Franc Angilbert, le Lombard Pierre de Pise et le Wisigoth Théodulphe, ce dernier se fait (déjà) collectionneur de belles œuvres antiques. Ces personnages constituent en quelque sorte une «académie» scientifique avant la lettre, leurs travaux feront autorité durant des siècles. Vers la fin de sa vie Alcuin se fixa à l'abbaye de Saint Martin de Tours où il fonde une école fort renommée. C'est peut-être à Tours qu'apparaissent pour la première fois les enluminures de pleine page ainsi que le «portrait» du Souverain qui préfigure la représentation du donateur si courante par la suite dans les pages du livre et le verre des vitraux.
Ses vues sur l'art nous sont précieuses pour la connaissance de cette période particulièrement riche en oeuvres plastiques et notamment en manuscrits enluminés dont le fond pourpre, doré ou argenté devient la règle, les personnages deviennent grêles, délicats, vivants, rompant avec les excès des excentricités irlandaises subordonnées à la pure décoration. L'écriture «caroline» est instituée pour des motifs de facilité de lecture. Il rêve de composer des introductions à tous les arts.
Le fondement de son esthétique picturale n'a rien de surprenant pour l'époque: une peinture est essentiellement une image reflétant un sujet ; dès qu'on voit l'image, on se souvient de la chose. L'art est illustratif, il a une double mission: sociale et pédagogique. Les arts sont des théophanies et leur contemplation n'est qu'un signe de la contemplation de la sagesse du Verbe en qui toutes les beautés s'unifient, tout ce qui dans la réalité profane reflète la perfection de Dieu et nous élève l'âme fait partie, de droit et de fait, de la Sagesse absolue.
Tout ce qui est vrai, bon et beau mérite d'être aimé pour lui-même et mène au Bien absolu. Il encourage ainsi les riches décorations des murs des églises où sont dépeints les gestes du Seigneur. Comme David, il aime la beauté de la maison de Dieu, il veut de la lumière dans l'église,1 la lumière est le matériau le plus subtil, la substance la plus noble et la plus absolument active. La plus perceptible «trace» de Dieu dans le monde2 se diffuse instantanément dans toutes les directions et apparaît donc comme infinie en se créant elle-même de proche en proche. La cité céleste est toute de lumière ainsi que ses habitants qui se rassasient de la clarté de Dieu, la lumière sera au XIIIe siècle au centre de l'esthétique.
Alcuin se fait le partisan de l'harmonie en toutes choses, y compris le discours rhétorique qui selon lui, est à la base de la création de la cité car il peut rassembler les hommes et les persuader de vivre plus tranquillement et de s'occuper de choses utiles à tous plutôt que de se combattre.
Le discours doit toujours rester modéré, sans éclat de voix ni gesticulations de saltimbanques. Le poète doit être un sage et non un «jongleur». Même s'il reste le frère cadet du savant, l'artiste a, dans ses devoirs de juveignerie, l'obligation de s'attacher aux choses nobles et durables.
Alcuin affiche sa préférence pour les arts littéraires qui lui semblent supérieurs aux joies plastiques, l'écoute de la Parole vaut mieux que le charme des surfaces peintes, «la lettre vaut mieux que la trompeuse image». Cette image n'a rien de religieux; comment différencier le visage de la Vierge de celui de Vénus si rien ne vient «dire» la différence, il faut donc se garder d'encenser le tableau, un portrait est une vraie image et un faux Etre.
Se basant sur la vérité objective des choses, il ne tombe pas dans le piège de l'idolâtrie: «un portrait est un portrait, une image de Saint Paul n'est pas Saint Paul», il condamne donc les allégories, les peinture mythologiques «où le soleil est représenté avec une chevelure» .On retrouve son effigie nimbée dans un médaillon au milieu de la page de dédicace de la bible de Bamberg, Staatsbibl. Msc. Bibl. 1, fol 5v
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