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Alexandre le Grand

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Message  Admin Sam 3 Nov - 16:59

La révolte de l’Arie (automne -330)

Avant de poursuivre Bessos et ses complices, Alexandre soumet l’Hyrcanie et les populations montagnardes de la région (actuelles montagnes du Khurāsān à la frontière entre l’Iran et le Turkménistan), les Tapouriens et les Mardes. Il incorpore à son armée la majorité des mercenaires Grecs qui étaient au service de la Perse (recrutés avant -334 ce qui lui permet de compenser le licenciement d’une partie de ses troupes abordé précédemment) et rassemble ses soldats à Zadracarta. Une partie des soldats est renvoyée, sous le commandement de Parménion en qui il est plausible qu’Alexandre n’ait plus qu’une confiance limitée, à Ecbatane tandis qu’il se prépare à poursuivre les satrapes en fuite. Il apprend à Zadracarta que ceux-ci se sont séparés et que Bessos, qui se proclame roi sous le nom d’Artaxerxès IV, s’est réfugié en Bactriane tandis que Satibarzane est retourné en Arie (actuelle région d’Hérat à l’ouest de l’Afghanistan) et Barsaentès en Drangiane (sud de l’Afghanistan).

Alexandre s’empare assez rapidement de l’Arie, en remontant la vallée de l’Atrek, et maintient Satibarzane à son poste en lui adjoignant un stratège macédonien Anaxippos. Mais, alors qu’il se prépare à remonter vers la Bactriane, Satibarzane se révolte (automne -330), assassine Anaxippos et massacre les troupes macédoniennes laissées en Arie avant de s’enfuir. Alexandre afin de maintenir l’ordre dans cette province y fonde une ville, Alexandrie d’Arie (actuelle Hérat), puis se dirige vers la Drangiane où le rebelle Barsaentès lui est livré et mis à mort. En octobre ou novembre -330 Satibarzane se révolte de nouveau en Arie. Il est tué dans un affrontement avec le corps expéditionnaire lancé contre lui par Alexandre et dirigé par Artabaze, Érygyos et Caranos.
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Message  Admin Sam 3 Nov - 16:59

Les meurtres de Philotas et Parménion (automne -330)

C’est à l’automne de l’année -330 que se déroule un épisode dramatique entraînant la mort de proches d’Alexandre sur ordre du roi. Alors que l’armée séjourne dans la capitale de la Drangiane, Phrada-Prophtasia (au sud de Hérat), Philotas le fils de Parménion et commandant de la cavalerie est emprisonné et jugé pour complot, ou plus exactement pour avoir eu vent d’un complot contre le roi et de n’avoir rien fait pour le dénoncer. Il est probable que les critiques de Philotas sur le cérémonial perse de plus en plus adopté par le roi aient indisposé ce dernier. Philotas est jugé par l’assemblée des Macédoniens, fortement accusé par Cratère (qui y voit sans doute un moyen d’éliminer un rival qui pourrait faire de l’ombre à son étoile montante) et lapidé selon la coutume. Quant à Parménion, qui se trouve à la tête de nombreuses troupes en Médie, Alexandre ignore s’il se trouve impliqué dans la conjuration. Dans le doute il envoie des officiers le mettre à mort, ce qui est fait. Il s’en faut de peu que les troupes de Médie se soulèvent devant ce meurtre odieux.

Cet épisode est révélateur des réticences de plus en plus fortes d’une partie des Macédoniens et de l’entourage du roi (à l’exception notable d’Héphaestion) sur cette épopée qui les voit s’enfoncer de plus en plus en Asie, loin de leurs bases, de leur pays à la poursuite d’un but et d’un rêve qui leur échappe. Les maladresses de Philotas, expliquant volontiers qu’Alexandre n’aurait pas remporté ses victoires sans l’aide de son père et la sienne, et qui se moquait des prétentions du roi à être considéré comme le fils d’Ammon-Zeus, expliquent aussi sans doute qu’Alexandre ne tente rien pour sauver sa vie. Cet épisode démontre enfin qu’Alexandre est prêt à tout pour l’accomplissement de ses desseins, même le meurtre de ses plus proches conseillers ou amis. La mort de Cleithos au printemps -328 le prouve tragiquement. Enfin il ne faut pas perdre de vue que la royauté macédonienne connaît des rapports conflictuels fréquents entre aristocratie et monarchie et que le meurtre de Philotas, hipparque et commandant des Compagnons, est un moyen pour le roi de se débarrasser d’un officier trop puissant.
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Message  Admin Sam 3 Nov - 17:00

La difficile pacification de l’Asie centrale (fin -330 / printemps -327)

De Drangiane, l’armée passe vers la fin de -330 en Arachosie (sud-ouest de l’Afghanistan), mais est retardée dans sa poursuite de Bessos par la révolte de Satibarzane en Arie. Le roi fonde une nouvelle ville, Alexandrie qui correspond à l’actuelle Kandahar, laisse un stratège nommé Memnon comme satrape en Arachosie et remonte vers la Bactriane à la poursuite de Bessos. La traversée des monts Paraponisades (Hindū-Kūsh), que les Macédoniens et les Grecs confondent apparemment avec le Caucase, s’effectue au printemps -329. En Bactriane, Bessos est en fuite, ravageant les vallées entre les Paraponisades et l’Oxus (actuel Amou-Daria) afin de limiter les possibilités de ravitaillement de ses poursuivants. Il s’empare d’Aornos qui devient à son tour une Alexandrie puis de la cité de Zariapsa ou Bactres (actuellement Balkh). L’armée passe ensuite l’Oxus sur un pont flottant fait de tentes de peaux remplies de diverses matières séchées et passe en Sogdiane. Les nobles Spitaménès et Oxyartès décident alors de livrer Bessos et le font savoir à Alexandre. Ptolémée est chargé de cette capture délicate qui intervient au début de -329. Bessos est emmené à Bactres où on lui coupe, à la façon des Perses, le nez et les oreilles puis il est envoyé à Ecbatane et exécuté (-329).

Pendant près de deux ans Alexandre lutte en Sogdiane et en Bactriane contre des satrapes révoltés, contre les peuples des Saces et des Massagètes contre lesquels Cratère va s’illustrer. Spitaménès, le satrape ayant livré Bessos, se révolte et massacre plusieurs garnisons macédoniennes. Il inflige même un cuisant échec militaire à des officiers d’Alexandre sur le fleuve Polytimetos (Zeravchan dans l’actuel Ouzbékistan). La réaction d'Alexandre après cette défaite est extrêmement significative du profond désarroi de l'armée puisqu'il interdit, sous peine de mort, aux rescapés de ce désastre de divulguer la réalité[51]. Après avoir hiverné (-329/-328) à Bactres, Alexandre repart pour la Sogdiane qui s’agite quand Spitaménès reparait en Bactriane et surprend dans une embuscade la garnison de Zariapsa.

C’est en ce début d’année -328 que se déroule un épisode qu’Alexandre va profondément regretter, le meurtre de Cleithos. Ce dernier, parfois présenté comme le frère de lait du roi, est un de ses plus fidèles compagnons et lui sauve même la vie lors de la bataille du Granique. Lors d’un banquet se terminant souvent en ivrognerie généralisée, scène dont Alexandre semble familier, les auteurs antiques sont unanimes sur ce point, Cleithos porte les exploits de Philippe II au dessus de ceux de son fils. Celui-ci ne le supporte pas et dans un accès de rage tue son ami de sa main. Dégrisé, Alexandre pleure longuement Cleithos et lui fait faire de grandioses funérailles. Cependant ce séjour dans les provinces orientales de l’ancien Empire achéménide pèse fortement sur l’entourage du roi. Quand Alexandre tente d’imposer l’étiquette perse aux Macédoniens, en particulier le fait de se prosterner devant lui (proskynèse), une protestation portée par Callisthène, le neveu d’Aristote et historiographe du roi, semble approuvée par de nombreux compagnons du roi. Alexandre d’ailleurs cède et ne maintient cette étiquette que pour ses sujets asiatiques mais la part qu’il donne à ces derniers dans l’armée et l’administration suscite des mécontentements dans son entourage proche. Le complot des pages, né du désir de vengeance personnelle d’un de ces jeunes gens entourant et servant le roi qui s’estimait injustement puni, révèle cependant que parmi ses compagnons de jeunesse, nourris comme lui aux sources de la philosophie grecque, certains jugent insupportables ses nouvelles exigences et commencent à le considérer comme un tyran. Callisthène qui avait raillé les prétentions d’Alexandre à la divinité est exécuté lors de la répression qui fait suite à ce complot.

L’insaisissable Spitaménès succombe finalement à la trahison des Massagètes qui au cours de l’hiver -328/-327, alors qu’Alexandre est à Nautaca (sud-est de l’actuelle Boukhara), envoient sa tête au roi de Macédoine. Le printemps -327 est occupé à détruire les derniers îlots de résistance, rôle dont s’acquitte Cratère, et à réorganiser l’empire dans cette région. À la place d’Artabaze, satrape de Bactriane rallié depuis longtemps à Alexandre mais qui est très âgé demande à être relevé de son commandement, Alexandre nomme un macédonien. Enfin, il épouse en -327 la fille d’Oxyartès, Roxane. Le roi fonde aussi Alexandria Eskhate (actuelle Khodjend), sur le fleuve Iaxartès (Syr-Daria), qui marque le point le plus au nord de son périple.
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Message  Admin Sam 3 Nov - 17:01

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Message  Admin Sam 3 Nov - 17:02

L’Inde et la fin du périple

L’Inde pour les Macédoniens et les Grecs est une contrée mystérieuse connue par les textes d’Hécatée de Milet et d’Hérodote ainsi que ceux de Ctésias, médecin à la cour d’Artaxerxès II. Ces auteurs ont sans doute utilisé la relation du voyage qu’y fit Scylax de Caryanda sur ordre de Darius Ier. La vallée de l’Indus est théoriquement sous le contrôle de l’empire achéménide depuis cette époque mais en réalité la frontière du pouvoir perse se limite aux Paraponisades. Quant à la vallée du Gange et au plateau du Dekkan ils sont inconnus. Cependant des relations existent puisque l’on trouve dans les armées perses quelques éléphants et des contingents indiens.

Alexandre avait-il l’intention d’intervenir en Inde ? Il ne fait guère de doute que le but premier du roi est de restaurer à son profit les limites de l'empire de Darius Ier et d'en tirer les profits commerciaux inhérents. Ce qui est sûr c’est qu’il est aisément convaincu, alors qu’il guerroie encore en Sogdiane, par Taxile, l’un des roitelets de la vallée septentrionale de l’Indus, d’intervenir contre son ennemi Pôros qui règne sur le royaume de Paurava à l’est de l’Hydaspe et qui menace le Panjâb. Alexandre est conseillé aussi par un prince indien, Sisicottos, qui après avoir suivi la fortune de Bessos s’est rallié au conquérant. Le projet d'Alexandre est probablement plus ancien cependant puisqu'au printemps -329 il fonde une Alexandrie-du-Caucase (au nord de l'actuelle Kaboul) ce qui illustre clairement sa volonté de disposer d'une base arrière pour son expédition. Enfin le rappel d'un marin comme Néarque en -329/-328[52] semble prouver qu'à ce moment Alexandre envisage déjà une expédition maritime entre l'Inde et le golfe Persique.

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Souhaite t-il continuer au delà de l'Indus ? A t-il une ambition mondiale ?[53] De nombreux historiens[54] estiment que son expédition vers le Gange, interrompue par la sédition de ses soldats sur l'Hyphase, avait pour but de s'emparer des bases commerciales indiennes (de la même façon qu'en -323, peu avant sa mort, il préparait probablement une expédition vers les ports arabes du golfe Persique) mais que l'objectif premier était bien le retour par la vallée de l'Indus, puis l'Océan et le golfe Persique. Tout conduit par conséquent à admettre que, dans la droite ligne de son refus des propositions de paix faites par Darius III en -332 et -331, Alexandre avait déjà une idée relativement précise de ses objectifs globaux (devenir le maître de l'ensemble des territoires qui avaient été un jour achéménides et contrôler l'ensemble des grandes routes commerciales), même si leur application dans le détail restait beaucoup plus imprécise.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 16:05

La conquête du nord-ouest de l’Inde (été -327 / été -326)
Au printemps -327, Alexandre part de Bactres à la tête d’une armée considérable, sans doute 120 000 personnes dont au moins 60 000 soldats, le reste étant constitué d’esclaves, de serviteurs mais aussi de femmes et d’enfants[réf. nécessaire]. Les Grecs et Macédoniens ne représentent guère que la moitié des effectifs combattants. Le roi de Macédoine en effet a recruté des Asiatiques qui sont organisés dans des unités sur le modèle macédonien.

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Alexandre repasse donc les monts Paraponisades et se rend à Alexandrie-du-Caucase (actuelle Bagram près de Kaboul). Là il reçoit le renfort du roi de Taxila qui lui offre quelques éléphants de guerre. Puis il charge Héphaestion et Perdiccas de soumettre les peuples vivant sur la rive sud du Cophen (la rivière qui descend de la vallée de l’actuelle Kaboul vers l’Indus) tandis que lui s’occupe de la rive septentrionale (été -327). Si la conquête de la rive sud se déroule sans trop d’encombre, ses deux généraux atteignant l’Indus avant lui, Alexandre est confronté aux Assacènes (Açvakas) qui offrent une forte résistance. La prise de leur ville forte Aornos lui donne du fil à retordre. Finalement il atteint l’Indus où Héphaestion et Perdiccas ont construit un pont et celui-ci est franchi au printemps -326. L’armée se repose alors à Taxila la capitale de Taxile. Peu après, l’armée s’ébranle pour combattre Pôros qui surveille l’Hydaspe (actuel Jhelum l’un des affluents de l’Indus) avec une armée nombreuse, forte de 200 éléphants de guerre. Alexandre manœuvre une fois de plus avec habileté car laissant Cratère avec le gros des troupes, il traverse avec sa cavalerie et ses hypaspistes le fleuve dans une région boisée environ 150 stades en amont (environ 30 km) afin de prendre Pôros à revers. La victoire est totale, mais c’est une bataille d’une grande violence. Bucéphale meurt lors de cette bataille et en son honneur, Alexandre fonde sur son tombeau la ville de Bucéphalie (ou Boukêphalia).

Poursuivant sa politique d’intégration des chefs locaux, Alexandre laisse Pôros en place, conquis par la noblesse de celui-ci, avec un territoire plus vaste que celui qu’il avait à l’origine. Une révolte sur ses arrières de la part des Assacènes l’oblige à envoyer des troupes dirigées par Philippe et Tyriaspès tandis que lui-même parcourt le Panjâb actuel y soumettant les divers peuples qui y vivent. Alexandre pense alors franchir l’Hyphase (actuel Sutlej, fleuve le plus oriental de la vallée de l’Indus) pour atteindre la vallée du Gange et l’Océan extérieur.

Mais à l’automne -326, sur les rives de ce fleuve, Alexandre doit affronter une levée de boucliers des Grecs et des Macédoniens et le roi ne parvient pas à les convaincre d’aller plus loin. Après s’être enfermé trois jours sous sa tente, le Conquérant est obligé de se plier aux volontés de ses soldats et donne l’ordre du retour. Il fait ériger douze autels monumentaux pour chacun des douze principaux dieux de l’Olympe, ainsi qu’un camp artificiellement agrandi jusqu’au triple de ses dimensions normales, marquant le point extrême de sa progression à l’est. Il fait apposer une inscription : « Ici s’est arrêté Alexandre ». Cet épisode est révélateur de la coupure qui s’est créée entre le roi et ses troupes. Certains de ses officiers, les épisodes de la mort de Philotas et de Cleithos le rappellent, sont hostiles à un mode de gouvernement de plus en plus personnel et autocratique, sur le modèle asiatique. Mais les soldats quant à eux sont, au moins pour les survivants du début de l’expédition, physiquement exténués[56]. Il y a de plus pour les soldats un désir légitime de revoir leur famille et de jouir du butin accumulé[57].
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Message  Admin Dim 4 Nov - 16:06

La conquête de la vallée de l’Indus (automne -326 / printemps -325)

Alexandre décide ensuite de soumettre toute la vallée de l’Indus. Il fait construire une flotte, prête à l’automne -326 où il embarque avec une partie de son armée, pour descendre l’Hydaspe puis l’Acésine afin de rejoindre l’Indus. Cette flotte est construite avec la contribution financière de nobles de la cour et de l’état-major du roi. Elle est dirigée par Néarque avec des équipages essentiellement phéniciens et grecs suite aux renforts qu’Alexandre vient de recevoir. Avant le départ, et malgré la mort de Cœnos un des chefs militaires les plus populaires et un des plus fidèles compagnons d’Alexandre, une assemblée des princes locaux reconnaît Pôrôs comme souverain, sous la suzeraineté du roi de Macédoine et de l’empire perse. Alexandre embarque avec lui les archers, les hypaspistes et les cavaliers de sa garde cependant que Cratère longe la rive droite et Héphaestion, avec l’essentiel de l’armée, descend le long de la rive gauche.

À l’embouchure de l’Hydaspe et de l’Acesine des rapides endommagent la flotte qui doit réparer. Certains peuples se soumettent rapidement mais d’autres comme les Malliens et les Oxydraques refusent. Vers la mi-novembre -326, le Conquérant soumet les Malliens, mais commet la faute d’attaquer une ville de brâhmanes, ce qui provoque une rébellion qui se propage rapidement avant d’être réduite par Peithon. Au cours de cet engagement, il est assez sérieusement blessé, au point que l’armée croit en sa mort. Il doit faire ouvrir les rideaux de la cabine de son navire pour rassurer ses troupes.

Alexandre, trop empreint de culture grecque, ne comprendra jamais le système de castes indien, et finit par rejoindre l’embouchure de l’Indus après une violente campagne de répression[58]. Les Macédoniens sont effrayés par le phénomène des marées, quasi inconnu en Méditerranée, ce qui n’empêche pas Alexandre d’établir un port, des arsenaux, des citernes dans un port construit au sud de la ville de Pattala, preuve qu’il s’agit pour lui d’un territoire destiné à être incorporé à son empire.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 16:07

Le difficile retour (juillet -325 / décembre -325)

Alexandre, pour son retour vers Babylone, divise son armée en trois corps (juillet -325). Néarque avec une flotte d’une centaine de navires, 2 000 marins et 12 000 soldats, est chargé de rouvrir la route maritime entre l’Indus et l’embouchure du Tigre et de l’Euphrate. Cratère quant à lui a déjà quitté (en juillet) la vallée de l’Indus avec la moitié de la phalange (quatre taxes), les éléphants et les vétérans désirant retourner en Macédoine. Il remonte par l’Arachosie et la Drangiane (sud de l’Afghanistan actuel) et doit retrouver Alexandre en Carmanie (région qui correspond au sud de l’Iran vers le détroit d'Ormuz). Sans doute s’agit-il pour Alexandre de montrer ses troupes dans des régions soumises depuis peu, à proximité également de la Bactriane où les colons militaires viennent de se révolter[59].

Alexandre le Grand - Page 2 Alexander_on_Bucephalus_bronze_statue

Alexandre choisit pour le retour l’itinéraire le plus difficile en longeant la côte de la Gédrosie (actuel Balouchistan pakistanais). Il s’agit de soutenir la flotte de Néarque en établissant des dépôts de vivre. Depuis Patala sur l’Indus, il gagne avec 25 000 hommes l’actuelle région de Karachi où le peuple des Arabites capitule sans combattre. Puis Alexandre atteint la vallée du Purali dont il soumet les habitants, les Orites. La côte étant trop misérable pour approvisionner la troupe, Alexandre doit demander de l’aide aux Gédrosiens de l’intérieur du pays. Alexandre divise alors son armée en deux corps ; celui commandé par Léonnatos doit suivre l’itinéraire traditionnel des caravanes, plus au nord, et faire sa jonction avec Alexandre à Pura, capitale de la Gédrosie. Alexandre avec 12 000 hommes, dont ses troupes d’élite et un convoi de femmes et d’enfants, traverse la Gédrosie par le désert du Makran qui longe le littoral[60]. Or au moment où Alexandre entre dans le désert, les Gédrosiens et les Orites se révoltent ; il n’obtient donc pas les vivres promis. Le désert de Makran est une région particulièrement isolée, couverte de marécages salés, comptant peu d’oasis, en tout cas avec des ressources insuffisantes pour un tel effectif. Une grande partie du convoi avec les femmes, les enfants et les attelages est emporté par la brusque montée d’un torrent. La troupe met deux mois pour accomplir 700 km entre la vallée du Purali et Pura. Alexandre rallie la ville de Pura en décembre -325. Il y est rejoint par le contingent de Léonnatos qui a entre-temps fondé Alexandrie des Orites. Malgré la saison des pluies, plus de 6 000 personnes seraient mortes de soif et d’épuisement durant cette marche dans le désert du Makran[61], d’autant qu’une partie des réserves de grain est déposée dans des fortins au bord de la mer pour approvisionner la flotte. Ce voyage est le plus éprouvant de toute l’expédition d’Alexandre et entraîne un grand nombre de décès par épuisement, soif et sous-alimentation ; tous les chevaux et les bêtes de sommes meurent au cours de ce périple. D’autant que cette souffrance a été inutile : jamais Alexandre ne parvient à établir le contact avec la flotte de Néarque.

En Carmanie, Alexandre est rejoint par Cratère. Immédiatement Alexandre est confronté à des récriminations de toutes sortes sur les officiers qui ont gouverné l’empire en son absence. Les abus de ses satrapes sont les signes d’un malaise assez compréhensible en cette période troublée et que l’éloignement du roi ont favorisé. Deux stratèges de Médie, Cléandre et Sitalcès, sont exécutés ainsi plus tard qu’Héracon. Il s’agit des officiers qui avaient été chargés de tuer Parménion.

Quant à la flotte, elle part avec un mois de retard sur les plans initiaux, à cause des vents de mousson, le 23 octobre -325. Elle longe la côte de la mer d’Érythrée (actuelle mer d’Oman), pour rallier l’Euphrate. Pilotée par Néarque, avec pour second Onésicrite (le futur rédacteur de l’Alexandropédie), elle explore la côte avec minutie, et rencontre notamment des baleines pour la première fois. Confrontée à plusieurs tempêtes, qui coulent trois navires au moins, Néarque est aussi obligé de maintenir la flotte à la mer jour et nuit car il craint les désertions. Il est impossible de se ravitailler à terre sur la côte de la Gédrosie, le pays des misérables Ichtyophages (« mangeurs de poisson »). En outre les dépôts laissés par Alexandre sont attaqués par les Orites. Les seuls aliments proviennent donc de la mer ; ce qui prend au dépourvu la flotte, laquelle souffre de la faim. Finalement après 1 300 km et 80 jours de navigation, Néarque parvient à Harmozia (Ormuz) en face du promontoire de Macéta (actuel Émirats arabes unis). Néarque quitte alors la flotte et se rend au devant d’Alexandre qui le reçoit avec des transports d’allégresse, persuadé de la disparition de sa flotte. Néarque repart ensuite jusqu’aux bouches de l’Euphrate (décembre -325) et rallie Suse.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 16:10

La dernière année du règne

Les noces de Suse et la mutinerie d’Opis (hiver / printemps -324)
De Carmanie, Alexandre se rend au début de l’année -324 à Pasargades avec des troupes légères tandis qu’Héphaestion poursuit le voyage avec le gros de l’armée le long des côtes de la Perse. C’est à ce moment qu’il entreprend de restaurer le tombeau de Cyrus le Grand, lequel avait été pillé en son absence, et de punir les coupables. Il se débarrasse aussi de plusieurs satrapes tel Baryaxès qui s’était proclamé Grand Roi ou Orxinès en Perse dont la fidélité était sujette à caution. Puis il arrive à Suse.

C’est à ce moment qu’interviennent les fameuses noces de Suse. Cet épisode est un acte symbolique très solennel révélateur de la volonté du roi de fondre en un seul peuple les Macédoniens et Grecs ainsi que les Asiatiques. C’est ainsi que 10 000 de ses compagnons épousent le même jour des femmes asiatiques. Alexandre y épouse Stateira, fille aînée de Darius III, tandis qu’Héphaestion épouse une de ses sœurs cadettes. Les mariages se font à la mode perse, ce qui ne manque pas de provoquer la désapprobation des Macédoniens (qui ont déjà vu leur roi s’unir à Roxane) qui en concluent qu’Alexandre s’éloigne des coutumes grecques pour adopter une mentalité « barbare ». Le conquérant marque également la volonté d’intégrer de jeunes Perses à son armée. Pour calmer la grogne Alexandre paye les dettes de ses soldats et offre en un geste symbolique des couronnes d’or à ses généraux.

Ces gestes sont insuffisants pour éviter qu’une révolte des vétérans n’éclate à Opis (au nord de Babylone). L’élément déclencheur est bien cette place nouvelle qui est accordée par Alexandre à ses troupes asiatiques. Ainsi la création d’une cinquième hipparchie composée d’Asiatiques dans le corps des hétères est-elle mal ressentie. Aussi le jour même où Alexandre libère 10 000 vétérans éclate la mutinerie. Il lui est demandé de donner congé à tous, d’entreprendre de nouvelles conquêtes tout seul, ou avec son père Amon. Cette remise en cause de son origine divine le rend fou de rage et Alexandre se précipite sur les mutins avec ses hypaspistes. Il fait exécuter treize des meneurs et reprend, par un discours habile où il flatte l’orgueil de ses hommes, le contrôle de la situation. Il se retire ensuite sous sa tente et ne s’adresse plus qu’aux Perses refusant de parler aux Macédoniens. Ceux-ci supplient alors le roi de leur rendre leur place auprès de lui et promettent de le suivre où il voudra les conduire.

Cette réconciliation théâtrale prouve l’habileté du roi qui conserve son ascendant sur ses troupes tout en atteignant ses objectifs puisque les Asiatiques restent dans l’armée. Mais cette mutinerie éclaire bien la distance qu'il y a entre les projets du roi et les désirs de ses troupes fatiguées. À Opis les troupes s'aperçoivent qu'Alexandre à bien l'intention « d'établir pour toujours en Asie le centre de son royaume. »[62]. Les nouvelles entreprises du roi apparaissent aux yeux de ses soldats comme de plus en plus personnelles et ils s'en estiment de moins en moins solidaires. Cette résistance de l'armée à la politique de fusion avec les troupes asiatiques constitue assurément le plus grave échec d'Alexandre.

Plusieurs milliers de vétérans sont libérés et rentrent en Macédoine, commandés par Cratère et Polyperchon. Cratère est chargé de remplacer Antipater en Macédoine, en conflit permanent avec Olympias, et dont Alexandre semble à ce moment se méfier, tandis qu’Antipater doit emmener en Asie de nouvelles recrues pour les projets futurs du roi (été -324).

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/40/MacedonEmpire.jpg
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Ultimes desseins (été -324 / printemps -323)

D’Opis par la vallée du Zagros, Alexandre se rend à Ecbatane. C’est là, au cours de l’hiver -324, que meurt le compagnon le plus proche d’Alexandre, Héphaïstion, probablement de maladie. La douleur du roi est assimilée par les historiens antiques à celle d’Achille sur le corps de Patrocle. Alexandre rend à son compagnon des honneurs quasi royaux. Mais les tâches royales reprennent vite le dessus et une dernière campagne est organisée contre les habitants du Louristan actuel (sud-ouest de l’Iran) et contre les Ouxiens montagnards que les Perses n’avaient jamais totalement soumis.

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Alexandre se rend ensuite à Babylone au printemps -323. En chemin il reçoit des ambassades venues de Grèce. Les Athéniens en particulier protestent contre un décret d’Alexandre ordonnant le rappel des bannis et contre celui réclamant pour le roi les honneurs divins. Le décret sur les bannis sera l’un des prétextes au déclenchement de la guerre lamiaque à la mort du roi.

Alexandre multiplie les rencontres avec des ambassades venues des pays limitrophes de son empire (Libye, Cyrénaïque, Celtes des Balkans, sans doute Carthaginois) sans qu’il soit possible de déterminer avec précision quels sont ses objectifs. Le voyage de Néarque ayant montré combien les communications maritimes avec la partie orientale de l’empire étaient plus aisées que les communications terrestres, Alexandre ordonne l’exploration des mers limitrophes. Ainsi Héraclide est-il envoyé explorer la mer Caspienne et trois expéditions successives sont envoyées reconnaître les côtes de l’Arabie. Les deux premières, celle d’Archias, et celle d’Androsthène ne dépassent pas l’île de Tylos (actuelle île de Bahreïn). Celle d’Hièron de Soles atteint sans doute le golfe de Suez. Cette reconnaissance totale des côtes de la mer Rouge à l’embouchure de l’Indus va donner à Alexandrie un rôle pivot dans le développement des relations commerciales entre la mer Égée, et donc la Grèce, et l’Asie.

Les historiens ne s’accordent pas sur ses derniers desseins. Plusieurs auteurs anciens affirment qu'Alexandre caresse le projet de conquérir le bassin occidental de la Méditerranée[63]. Il est plausible en effet qu’il ait envisagé de se tourner vers la Méditerranée occidentale, en particulier vers Carthage. Perdiccas l'affirme devant les troupes peu après le décès du roi. Ce qui est certain c’est qu’une expédition est envisagée pour le 20 du mois de Dæsios (5 juin -323) que les sources antiques orientent vers le sud de la Libye afin d’atteindre l’Occident. S’agit-il sinon de s’aventurer en Arabie ou plus vraisemblablement d’assurer la prospérité et la durée de son empire par la maîtrise des mers environnantes ? La question que se pose les historiens contemporains est donc de comprendre s'il y a deux projets distincts, la conquête de la Méditerranée orientale d'une part et le contrôle des côtes de l'Arabie et de la mer Rouge d'autre part, ou s'il ne s'agissait que d'un seul et même projet à savoir relier Alexandrie du Tigre à Alexandrie en Égypte puis de là poursuivre vers Carthage et la Sicile[64]

Auparavant Alexandre consacre les dernières semaines de sa vie à parcourir les canaux de l’Euphrate et à faire exécuter des travaux destinés à réguler les inondations. Puis il revient à Babylone et reçoit, tel un dieu, les théores (émissaires) envoyés par les cités grecques.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 16:12

Les derniers jours (juin -323)
Alexandre a t-il été empoisonné ? Cette rumeur qui accuse Cassandre et Iolas, les fils d’Antipater (Iolas, échanson du roi, est le suspect idéal), est évoquée par les auteurs de la Vulgate d’Alexandre, sans toutefois qu’ils la cautionnent véritablement[65] ; elle est contestée par Arrien et Plutarque[66].

Suite à des désaccords dans la politique à mener en Grèce et aux conflits avec Olympias, Alexandre compte en effet relever Antipater de la régence de Macédoine pour le remplacer par le fidèle Cratère. Cependant cette rumeur, fomentée par Olympias, se répand plusieurs années après la mort d’Alexandre, à une époque où les diadoques se déchirent déjà et où la volonté de discréditer les concurrents potentiels est forte. Cette hypothèse est bien entendu invérifiable de nos jours mais il est plus vraisemblable pour les historiens modernes qu’Alexandre soit mort de la malaria, dans sa forme la plus aiguë (Plasmodium falciparum), qui plus est, sur un organisme fatigué par les blessures et les excès de boisson. Cette saison de fin de printemps dans la région marécageuse que constitue le sud de l’Irak actuel est également propice à une telle maladie. Des explications plus récentes datant de la fin du XXe siècle précisent qu’Alexandre aurait pu mourir plus vraisemblablement du virus du Nil occidental[67] ou d’une fièvre typhoïde[68].

Plutarque et Arrien ont écrit, d’après les Éphémérides royales, le détail des derniers jours du roi entre le 15 et le 28 du mois de Dæsios (27 mai au 10 juin)[69]. Selon Plutarque, Alexandre est troublé par la multiplication de signes funestes. Ainsi, lors de la navigation sur l’Euphrate, un coup de vent emporte le diadème royal tandis qu’à Babylone, un inconnu ose s’asseoir sur le trône d’Alexandre, geste qu’il paye de sa vie. Puis les fêtes et les soirées de beuveries, auxquelles est coutumier le roi, reprennent. Ainsi, les 16 et 17 Dæsios, Alexandre passe de banquets en banquets chez Néarque puis chez un hétère thessalien du nom de Médeios de Larissa.

Le 18 au matin (30 mai -323), il est pris d’une fièvre qui va durer jusqu’à son décès. Les premiers jours, jusqu’au 22 Dæsios (4 juin), il continue à donner des ordres et à surveiller les préparatifs de son expédition mais, à partir du 23, l’aggravation de son état l’en rend incapable. Le 25 Dæsios, il perd l’usage de la parole et ne peut parler à ses officiers, qu’il reconnaît cependant. Une terrible fièvre s’empare de lui à partir de la nuit du 25 au 26 Dæsios. Le 27, les soldats le croyant mort exigent de le voir et défilent devant le roi, sans armes, lequel salue chaque homme d’un mouvement de tête ou d’un clignement des yeux.

Alexandre le Grand meurt le 28 Dæsios au soir, c’est-à-dire le 13 juin -323, à l’âge de 33 ans à Babylone.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 16:12

Le tombeau d'Alexandre
Le cadavre embaumé d’Alexandre devient l'enjeu d'un conflit entre ses diadoques. L'un deux, Perdiccas, fidèle à Roxane et à Alexandre IV, décide dans un premier temps de le rapatrier à Aigéai, l'ancienne capitale de Macédoine, là où reposaient les ancêtres du grand conquérant. Le corps est ainsi placé dans un premier sarcophage anthropoïde en or, enfermé à son tour dans un deuxième cercueil doré, un drap pourpre recouvrant le tout. L'ensemble fut disposé sur un char d'apparat surmonté d'un toit que soutenait un péristyle ionique[70]. Les anciens sont unanimes pour déclarer que Ptolémée Ier Soter n'hésita pas à attaquer la procession funéraire pour s'approprier le sarcophage et l'exposer à la dévotion à Memphis. Selon le pseudo-Callisthène, le cadavre fut ensuite transporté à Alexandrie entre -290 et -280, à l'aide d'un coffre de plomb, par Ptolémée II qui le plaça dans un nouveau sarcophage recouvert d'or à l'intérieur d'un temple. Ptolémée IV Philopator enfin fit construire un mausolée somptueux (le Sôma) dans lequel il exposa la dépouille d'Alexandre. Dans Pharsalia de Lucain[71], on apprend que le monument se dressait sur un tumulus et avait la forme d'une tour de marbre surmontée d'un dôme pyramidal. Tout autour furent aménagées ensuite de petites chapelles destinées à recevoir les corps des rois lagides, l'ensemble étant protégé par une enceinte murée qui délimitait le téménos. Il est presque certain que le Sôma se trouvait quelque part à l'intersection de la voie Canopique, qui traversait la ville selon un axe nord-est sud-ouest depuis la porte du Soleil jusqu'à la porte de la Lune, et de l'autre voie principale orientée nord-sud qui reliait la presqu'île de Lochias au lac Maréotis.

Pour Strabon[72], le monument fait même partie de la basilique. Ptolémée IX, à court d'argent selon Antioche Grypus, fit remplacer en 89 le cercueil d'or par un cercueil de verre ou d'albâtre translucide. Le cadavre embaumé y reste plusieurs centaines d'années et devient un objet de visite pour un grand nombre d'hommes politiques, de généraux tant Grecs que Romains. Ainsi, si l'on suit Suétone (Auguste, XVIII, 1), l'empereur Auguste visita le tombeau et retira un instant le corps du sarcophage pour lui mettre avec respect une couronne d'or sur la tête et le couvrir de fleurs. La manipulation aurait malheureusement abimé le nez du cadavre.

La dernière visite importante est celle de l'empereur Caracalla en 215. Ce dernier n'hésita pas à s'approprier la tunique, la bague et la ceinture du Macédonien, la cuirasse, quant à elle, ayant probablement déjà été volée par Caligula. Dès le IVe siècle, un tremblement de terre et diverses attaques romaines ayant probablement dégradé le monument, l'emplacement du Sôma n'est plus connu. Les historiens et archéologues, malgré de nombreuses recherches et hypothèses, ignorent encore de nos jours son emplacement exact.

Notons enfin avec réserve la théorie récente et audacieuse de l'historien Andrew Chugg. Ce dernier dans un article de History Today[73] prétend que le corps embaumé d'Alexandre le Grand pourrait se trouver à ... Venise ! En effet, la momie de Saint Marc, dont le symbole est également un lion et qui passe pour avoir le premier évangélisé Alexandrie, apparaît subitement dans la ville au IVe siècle de notre ère, alors que tous les auteurs anciens affirment que la dépouille de ce saint avait été brûlée vers la fin du Ier siècle après J.-C. Il y aurait eu confusion (voulue ?) à l'époque entre les deux tombeaux, l'empereur chrétien Théodose ayant décrété illégale en 391 la vénération d'Alexandre le Grand. C'est en 828 que deux marchands vénitiens, peut-être pour la soustraire aux destructions de l'islam naissant, l'enlevèrent avec la complicité du clergé local de la chapelle où elle reposait et l'emmenèrent à Venise. Elle repose, depuis 1811, dans un sarcophage de marbre sous l'autel majeur de la Basilique Saint-Marc.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 16:13

Bilan

Le bilan de l’œuvre d’Alexandre le Grand est complexe à réaliser parce qu’elle est inachevée.

Avec les peuples asiatiques Alexandre accède le plus souvent à un statut de roi-dieu. Ainsi en Égypte il est pharaon, Horus vivant. À Babylone il est roi de par la volonté du dieu principal de la cité, Mardouk[74]. C’est pourquoi Alexandre, qui s’appuie sur les traditions asiatiques, cherche à être honoré comme un dieu par tous ses sujets. Il parait peu probable qu’il ait cru véritablement être un dieu. Héphaistion et lui en font même un sujet de plaisanteries[75]. Mais il est convaincu de l’essence divine de sa mission et pense sincèrement qu’il est fils de dieu.

En principe, Alexandre parvient à unifier son empire car tous les territoires conquis en Asie dépendent de l’autorité du roi mais derrière cette souveraineté totale se cache une grande diversité de statuts et de situations comme l’administration satrapique. Cela est la conséquence directe de l’extraordinaire rapidité de la conquête.

Économiquement, Alexandre donne l’impression d’un souverain soucieux d’exploiter l’espace conquis et d’en répertorier les richesses. Cela est peut-être dû à l’influence d’Aristote avec lequel il reste longtemps en contact. L’expédition du roi de Macédoine est accompagnée de bématistes, éclaireurs chargés de recueillir les renseignements (topographiques) avant chaque bataille, et de les consigner par écrit. Mais l’expédition d’Alexandre est aussi et avant tout une opération prédatrice de pillage caractérisé au bénéfice de la seule Macédoine, et, dans une moindre mesure de la Grèce. Les trésors pris représentent des sommes astronomiques mais les dépenses de l’expéditions sont elles-mêmes gigantesques si bien qu’à la mort du roi, malgré l’expansion commerciale, il ne reste d’après Justin que 50 000 talents dans les caisses de l’État.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 16:15

Bilan du règne d'Alexandre le Grand

http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Map_Diadochs-fr.png
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Le bilan de l'œuvre d'Alexandre le Grand est complexe à réaliser et en premier lieu parce qu'elle est inachevée. Cependant la multiplicité des sources nous permet ici de faire une rapide synthèse.

Le roi-dieu d'un empire disparate


La première conséquence de la conquête est bien sûr la réalisation du plus vaste empire jamais constitué jusqu'alors et qui agglomère à l'empire perse la Macédoine, la Grèce et les confins du nord-est de l'Inde. Tous les pouvoirs dont Alexandre est détenteur par héritage ou par conquête sont réunis entre ses seules mains. Il possède apparemment un pouvoir absolu et de droit divin. En réalité selon les pays son pouvoir s'exerce de façon différente. En Macédoine Alexandre a un pouvoir de type féodal avec le soutien des nobles et de l'armée. Il doit d'ailleurs tenir compte à de multiples reprises de l'avis de ses troupes et même finalement renoncer à aller plus loin que l'Inde. Les Macédoniens forment l'armature politique et militaire du royaume et passent avant les Grecs et les Asiatiques.

Hêgemôn de la Ligue de Corinthe Alexandre se considère comme le maître de la Grèce. Il accentue sa mainmise sur les cités et intervient dans les affaires intérieures (décret ordonnant en -324 le retour des exilés). De plus il se considère comme le bras vengeur des Grecs par sa "croisade" contre l'empire perse. Surtout son entreprise en Asie va permettre la diffusion considérable de la langue, du mode de vie et de la culture grecque et cela jusqu'aux frontières de l'Inde et en Asie centrale. L'implantation dans les 34 cités (dont un certain nombre de postes militaires qui sont plus de simples garnisons que de véritables cités), dont la fondation par Alexandre est avérée[1], d'un grand nombre de Grecs permet aussi de résoudre, au moins partiellement le grave problème que pose l'existence en Grèce d'un prolétariat misérable conséquence de la concentration des richesses entre quelques mains[2]. Il est bien sur difficile d'avoir des chiffres précis mais l'ampleur du peuplement grec semble assez considérable[3].

Avec les peuples asiatiques Alexandre accède le plus souvent à un statut de roi-dieu. Ainsi en Égypte il est pharaon, Horus vivant. À Babylone il est roi de par la volonté du dieu principal de la cité, Mardouk[4]. C'est pourquoi Alexandre, qui s'appuie sur les traditions asiatiques, cherche à être honoré comme un dieu par tous ses sujets. Il parait peu probable qu'il ait cru véritablement être un dieu. Héphaistion et lui en font même un sujet de plaisanteries[5]. Mais il est convaincu de l'essence divine de sa mission et pense sincèrement qu'il est fils de dieu, d'où l'accès de colère meurtrier contre Cleithos lorsque celui-ci le compare à Philippe II. Alexandre est persuadé que la reconnaissance de sa divinité dans tout l'Empire forgera le lien moral indispensable pour parfaire l'unité d'une aussi fragile structure. La conséquence directe de cette volonté est que la notion de pouvoir, telle qu'elle était conçue jusqu'alors en Grèce et en Macédoine, est altérée. Le droit divin supplante le droit par la naissance ou l'élection. C'est une notion qui va connaître le succès que l'on sait dans la Rome antique et la France de l'Ancien Régime. La volonté d'Alexandre de s'entourer d'un cérémonial emprunté à la cour perse, y compris dans le fait de se prosterner devant lui, provoque une forte résistance de la part des Macédoniens et des Grecs de son entourage[6]. De fait les compagnons d'Alexandre, et ses soldats, n'adhèrent pas à son souhait de fusion des peuple et n'hésitent pas parfois à se révolter (révolte d'Opis à la fin du règne). La mort d'Alexandre semble mettre fin à ce rêve mais l'époque hellénistique, et les brassages ethniques, linguistiques, économiques, (sans parler des syncrétismes religieux) qu'elle entraîne réalise en partie ce souhait du conquérant même si la civilisation grecque exerce une position dominante.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 16:16

L'unification de l'Empire
Le mode de gouvernement choisi par Alexandre préfigure celui des cours hellénistiques. Il est entouré des hétaires (ou amis du roi) pour l'essentiel macédoniens et qui se compte au nombre d'une centaine. Leur rôle est d'accompagner et de conseiller le roi. Les gardes du corps, une dizaine, sont tous macédoniens et forment la garde rapprochée du roi, ceux en qui il a le plus confiance. On y trouve Ptolémée, Lysimaque, Héphaistion... Le chancelier (le remarquable Eumène de Cardia) est un grec dont le rôle est primordial. Il centralise la correspondance, rédige le journal quotidien de la cour (les «Éphémérides») et règle le ballet des audiences auprès du roi. Il possède deux sceaux, l'un pour l'Europe et l'autre pour l'Asie.

En principe tous les territoires conquis en Asie dépendent de l'autorité du roi mais derrière cette souveraineté totale se cache une grande diversité de statuts et de situations. Cela est la conséquence directe de l'extraordinaire rapidité de la conquête. Alexandre n'a pas toujours pris le temps de réduire l'empire perse totalement. Ainsi perdurent des principautés autonomes ou indépendantes comme la Bithynie ou la Cappadoce. Globalement il est cependant possible de distinguer trois degrés de sujétion dans l'empire : l'administration satrapique, les régions de gouvernement indirect et le cas particulier des cités grecques.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 16:16

L'administration satrapique

Vers -325 l'administration de l'empire compte environ une vingtaine de satrapies. Les pratiques qui guident Alexandre dans sa gestion des satrapies varient fortement. Il est patent, tout d'abord qu'il conserve les satrapies de l'empire achéménide sans en modifier les limites, sauf exception. Mais rapidement il prend soin de diviser les satrapies trop étendues. Sans doute juge t-il trop dangereux de confier à un seul homme une trop forte assise territoriale. Ainsi l'Égypte est fractionnée en deux puis trois commandements civils appelés nomarchies et la Syrie est amputée de la Phénicie (-329) puis de la Mésopotamie (-323) érigée en satrapie autonome. Cela dit ce qui caractérise Alexandre c'est aussi la facilité avec laquelle il sait composer avec la réalité. Quand Cléomène de Naucratis en Égypte concentre tous les pouvoirs, le roi accepte la situation. Il est vrai que l'administration de Cléomène est particulièrement efficace, surtout pour lever des impôts[7].

Il est d'autre part fréquent qu'Alexandre décide de répartir les attributions satrapiques entre plusieurs titulaires, généralement un perse pour les affaires civiles et un macédonien pour les affaires militaires. Ce cas est valable en particulier pour les satrapies orientales alors qu'en Asie mineure, à l'exception de la Carie, tous les satrapes cumulent les deux autorités. Cette dichotomie s'explique aisément car en Asie Mineure les révoltes sont nombreuses et les satrapes fréquemment contraints à des expéditions militaires. En Asie centrale la conquête reste fragile et Alexandre sait qu'il doit s'attacher la fidélité des nobles perses qui constituaient l'armature administrative de l'empire achéménide. À cet égard l'entrée dans Babylone (fin octobre -331) marque un tournant car pour la première fois Alexandre confie à Mazaios, un noble perse (qui l'avait de plus combattu), une satrapie, celle de Babylone. Sur les 12 satrapies conquises (ou créées) entre -331 et -327 une seule revient à un Macédonien[8]. Alexandre accorde le pardon à tous les satrapes qui se rallient à lui et maintient à leur poste, ou rétablit rapidement, un grand nombre d'entre eux. Ainsi Oxathrès en Susiane et Atropatès en Médie. Il ne faut pas non plus oublier qu'un certain nombre de nobles perses gravitent autour d'Alexandre depuis des années. Ainsi en est-il pour Artabaze, nommé satrape de Bactriane en -329 et qu'Alexandre connait depuis l'enfance, quand le satrape s'était réfugié (-352) à la cour de Philippe II, et dont la fille Barsine est la maîtresse du roi quelques années[9]. Enfin le mariage d'Alexandre avec Roxane, la fille d'un noble appelé Oxyartès, permet un ralliement durable de la noblesse perse (du moins d'une partie d'entre elle) car il est perçu comme la preuve d'un engagement durable en Asie.

Cela dit la confiance d'Alexandre dans ces satrapes n'est pas totale loin s'en faut d'ou le partage des pouvoirs civils et militaires qu'il leur impose. Les révoltes des satrapes Satibarzane en Arie, d'Autophradatès, puis de Spitaménès en Bactriane sont révélatrices du peu de fiabilité qu'Alexandre peu accorder à ces hommes habitués à une forte autonomie sous l'empire achéménide et qui supportent mal la tutelle pesante du roi. Aussi, rapidement, des Macédoniens vont remplacer dans les satrapies stratégiques les Perses. Artabaze en Bactriane doit céder la place en -328 / -327 à Amyntas, et en Arie Stasanor (un grec) remplace Satibarzane.

La difficulté continuelle à laquelle est confronté le roi, et plus tard les divers souverains hellénistiques, se pose donc sous cette forme, comment concilier les pouvoirs étendus des satrapes avec le souci d'Alexandre de conserver un pouvoir absolu. C'est ce dilemme qui donne l'impression que l'empire est en perpétuelle évolution d'un point de vue administratif. En réalité c'est la présence (ou l'absence) du roi qui conduit certains satrapes à obéir ou à se soulever. La véritable « purge » à laquelle se livre Alexandre à son retour de l'Inde[10] est révélatrice du comportement de certains satrapes qui visiblement n'attendaient pas le retour du souverain. Mais Alexandre n'entreprend pas à la suite de cet événement une réelle réforme. Il se contente de remplacer les satrapes coupables (macédoniens comme perses) par des proches en qui il a personnellement confiance. Il arrive d'ailleurs que des proches le trahissent tel son trésorier, et ami d'enfance, Harpale à la fin de sa vie.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 16:17

Les régions de gouvernement indirect

De nombreux territoires échappent au contrôle direct de l'administration royale et gardent une autonomie, voire une indépendance, de fait ou de droit. C'est le cas des régions érigées en satrapies par Alexandre sans jamais avoir été conquises, telle la Cappadoce et l'Arménie. La Cappadoce n'est conquise qu'en -322, après la mort du roi, par Perdiccas et encore de façon incomplète. D'autres régions, appartenant en théorie à une satrapie, restent de fait dirigées par leurs dirigeants traditionnels. C'est le cas de la Paphlagonie[11], en Asie Mineure, et de la Bithynie. Il faut y ajouter les nombreuses cités d'Isaurie, de Pisidie qui conservent (ou cherchent à conserver) leur indépendance. Au total on se rend compte que l'autorité du roi reste faible sur une partie non négligeable de l'Asie Mineure.

Chypre et Cyrène ont d'excellentes relation avec Alexandre mais sont situées de jure en dehors de son empire. Elles ne seront intégrées à l'empire qu'après la mort du conquérant lors des guerres des diadoques. En Phénicie les cités, si l'on excepte le cas de Tyr, gardent leur souverain et leurs institutions. Elles versent bien sûr des contributions et fournissent des contingents mais ne dépendent pas des satrapes. Leur statut est ainsi proche de celui des cités grecques d'Asie.

Le cas de l'Inde est typique de cette grande variabilité des statuts existants à l'intérieur d'un territoire. Ainsi l'Inde est divisée, au fur et à mesure de la conquête, en trois satrapies[12] qui fusionnent pour partie en -325. Mais à l'intérieur de ce cadre satrapique de nombreux princes locaux, alliés d'Alexandre restent indépendants ou autonomes[13]. En -324, le roi Taxilès récupère les pouvoirs du satrape Philippos (Indus moyen) qui vient de mourir et se retrouve donc dynaste et satrape[14]. Quant au roi Pôrôs il est maintenu sur le trône et devient le représentant personnel d'Alexandre dans son propre royaume. Alexandre comprend qu'il est préférable d'y laisser les dirigeants et les administrateurs traditionnels plutôt que d'imposer des Grecs ou des Macédoniens. C'est, avec quelques siècle d'avance, le principe de base de l’indirect rule.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 16:17

Le cas des cités grecques
Il est par contre difficile de faire le bilan réel des relations entre Alexandre et l'ensemble des cités grecques d'Asie. Nous ignorons si Alexandre les a « libérées », en leur accordant une autonomie complète et en les faisant entrer dans la Ligue de Corinthe, ou s'il les a placées sous sa domination. Il semble bien que les cités ont été affranchies mais il n'en reste pas moins que les monnaies locales sont, à de rares exceptions, supprimées et que parfois Alexandre dispose des cités comme il l'entend. Son décret, peu avant sa mort, demandant le retour des bannis dans les diverses cités grecques en est la preuve et provoque en Grèce continentale la guerre lamiaque. La plupart des cités grecques d'Asie sont dispensées de tribut et ne reçoivent pas de garnisons. De plus elles ne sont pas dans la juridiction des satrapes. Elles possèdent donc un relatif degré d'autonomie, degré très variable d'une cité à l'autre[15].

La question centrale est de savoir si Alexandre à un moment ou à un autre a édicté des règles s'appliquant à l'ensemble des cités grecques, au moins d'Asie. Nous savons que vers le printemps -331, Alexandre a chargé plusieurs de ses proches de lever spécifiquement des contributions, même faibles, auprès des cités[16] car elles ne dépendent pas des satrapies. À partir de -330, Alexandre n'exige plus une "contribution volontaire" des cités grecques mais il charge Philoxénos en Asie mineure d'intervenir dans les cités si l'ordre macédonien y est menacé. Ainsi la liberté des cités reste théorique et limitée par une autorité royale toujours supérieure.

Cela s'illustre encore plus lorsqu'en -324, Alexandre fait lire aux Jeux Olympiques, par son envoyé Nicanôr, sa fameuse proclamation sur les bannis. Au terme des jeux, en effet, les cités grecques (d'Europe et d'Asie) doivent rappeler tous leurs exilés. Ce décret, qui est pour partie à l'origine de la guerre lamiaque quelques semaines après la mort du roi, a force de loi auprès des législateurs de chaque cité. Alexandre charge Antipater de contraindre par la force les cités récalcitrantes. La violence de la réaction des Grecs illustre que cette politique de contrainte est mal vécue par les cités. Le thème de la « libération des Grecs » et la place des cités face aux royaumes seront l'un des aspects politiques dominants de la période hellénistique (en particulier lors des guerres des diadoques).
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Contrôle des territoires et des populations

La conquête d'un territoire aussi vaste pose évidemment d'importants problèmes de maintien de l'ordre. Les satrapes sont constamment obligés de guerroyer après le passage du roi pour maintenir le pouvoir de celui-ci. Certains le payent de leur vie, ainsi Kalas, satrape de Petite-Phrygie tué vers -327 dans un combat contre Bas, un prince bithynien. C'est aussi le cas de Balakros, le satrape de Cilicie, tué peu avant -323 lors d'une expédition contre les cités d'Isaura et de Laranda[17]. Il est indéniable que pour certaines populations, particulièrement en Asie mineure, la soumission au roi est formelle. Pour assurer son pouvoir, Alexandre confie aux satrapes[18] des troupes composées de Macédoniens et de mercenaires Grecs. Certains satrapes recrutent leurs propres mercenaires jusqu'à ce qu'un ordre d'Alexandre, rendu méfiant, en -325 mette fin à cette pratique. Les satrapies stratégiques sont particulièrement contrôlées, telle la Grande Phrygie confiée à Antigone, car elles sont nécessaires à l'approvisionnement de l'armée et surtout au passage des troupes de renforts.

Alexandre n'hésite pas à utiliser des méthodes extraordinairement violentes pour écraser une opposition. Il ne faut pas oublier, au-delà de la fascination que peut provoquer le personnage, que son expédition est une suite sans interruptions de batailles, escarmouches et de massacres. L'attitude "chevaleresque" d'Alexandre, louée par les auteurs anciens lors du récit de la guerre contre Darius III est à fortement relativiser. Ainsi les villes de Thèbes, Tyr, Gaza, Cyropolis sont anéanties, Persépolis est entièrement incendiée. En Sogdiane, Alexandre doit prendre plus de sept cités, dont Marakanda, (Samarcande) la capitale, le plus souvent après d'importants combats. Il applique ensuite de véritables méthodes de terreur pour vaincre la guérilla de Spitaménès (vers -328). Les campagnes sont incendiées, les populations massacrées ou déplacées afin de briser la résistance du chef Sogdien.

En Inde, la campagne contre les Malliens (-326) est une véritable campagne d'extermination à tel point qu'Arrien utilise l'expression "satrape des Malliens survivants" pour désigner l'officier désigné par Alexandre chargé de les gouverner[19]. La Gédrosie connaît un traitement similaire[20].

Un des moyens utilisé par Alexandre pour contrôler son empire est la création de cités. Selon Plutarque, Alexandre aurait fondé plus de 70 villes. Ce chiffre est à pondérer car il englobe en partie des cités créées par ses successeurs, d'autre part parce que les auteurs anciens qualifient de polis (cité) de simples garnisons militaires. Il ne faut pas oublier non plus l'aspect idéologique des récits de l'expédition d'Alexandre et la volonté de montrer un roi « civilisateur » (et dont la construction de villes est l'un des principaux aspects)[21]. En réalité le nombre de cités fondées par Alexandre le Grand est proche de la vingtaine[22], 34 si l'on y ajoute quelques garnisons militaires. Ces fondations ont un triple rôle : présence militaire, contrôle des populations (sédentarisation des nomades en particulier) et fonctions économiques et... fiscales. Il ne fait guère de doute que lors du déroulement de la conquête les motivations du souverain macédonien sont essentiellement militaires[23], d'ailleurs la plupart de ses fondations sont à l'est du Tigre, même s'il est probable, du fait de leur position stratégique que dans son esprit certaines de ces cités sont appelées à devenir des centres économiques majeurs de l'empire. Le cas d'Alexandrie à ce titre est symptomatique.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 16:19

Le bilan économique

Il est plus difficile d'analyser l'impact économique de la conquête d'Alexandre que son impact politique. Les auteurs anciens ne s'y intéressent guère et il faut glaner l'information à partir de renseignements épars. L'interrogation qui se pose est la suivante : Alexandre a t-il conçu et appliqué une politique cohérente, systématique de mise en valeur de ses conquêtes ? A t-il cherché à améliorer, à bonifier les structures économiques préexistantes ?

La mise en valeur et l'exploitation des territoires conquis


Ce qui se dégage c'est l'impression d'un souverain soucieux d'exploiter l'espace conquis et d'en répertorier les richesses. Faut-il y voir l'influence d'Aristote avec lequel il reste longtemps en contact[25]? L'expédition du roi de Macédoine est accompagnée de bématistes, éclaireurs chargés de recueillir les renseignements (topographiques) avant chaque bataille, et de les consigner par écrit. Cette précision, qui explique pour partie les victoires macédoniennes, est complétée par les nombreuses expéditions de découvertes envoyées par Alexandre. La plus connue est bien évidemment celle de Néarque, le long des côtes iraniennes et dans le golfe Persique, mais il y a aussi les voyages d'Archias de Pella, d'Hiéron, d'Androsthénès de Thasos sur la côte arabe du même golfe (-323). Le neveu d'Aristote, Callisthène pousse une reconnaissance vers le haut Nil en -331. Une expédition est même projetée vers la mer Caspienne vers -323. Il est possible de dire que chez Alexandre « l'exploration est un prélude à la conquête », comme d'ailleurs chez les Achéménides[26]. Chaque expédition est chargée de rendre compte au roi des informations sur les habitants et les productions des régions découvertes[27]. En -327, il expédie vers la Macédoine les meilleurs spécimens des bœufs dont il vient de s'emparer chez les Aspasiens.

Cet exemple cependant illustre bien toute l'ambiguïté du terme « mise en valeur ». En effet l'expédition d'Alexandre est aussi et avant tout une opération prédatrice de pillage caractérisé au bénéfice de la seule Macédoine, et, dans une moindre mesure de la Grèce. De plus le roi et son armée ne dispose pas de stocks, ni de réelle intendance. Il est donc nécessaire de vivre sur le pays. Les trésors achéménides pris à Pasargades et Suse, plus de 176 000 talents, représentent des sommes astronomiques mais les dépenses de l'expéditions sont-elles mêmes gigantesques. Ainsi les dons aux officiers et aux soldats représentent plus de 50 000 talents. Il faut y ajouter les coûts militaires de l'expédition (création de nombreuses flottes, recrutement de troupes dont il faut payer la solde....) si bien qu'à la mort du roi il ne reste d'après Justin que 50 000 talents dans les caisses de l'état[28] .

Il faut bien entendu y ajouter les revenus classiques qui, comme sous l'empire achéménide, proviennent de l'imposition des masses paysannes. Le roi est le propriétaire de la terre (appelée « terre royale ») et les « paysans royaux » reversent à l'administration royale leur surplus. De plus ces paysans sont astreint à un système de prestation de travail gratuite, de corvées, tels les 10 000 paysans que le satrape de Babylone utilise en -323 pour creuser le canal de Pallacopas. Les satrapes prélèvent 6 impôts différents, les plus importants pesant sur la production agricole[29].

Ce qui semble certain en tout cas c'est qu'Alexandre entend bien exercer les prérogatives royales des Achéménides sur les terres conquises. Il exprime très clairement sa position par un geste symbolique, « Il sauta ensuite du navire... signifiant qu'il recevait l'Asie des dieux , comme un territoire conquis à la pointe de la lance (chôra doriktètos) »[30]. Lorsqu'il repousse en -331 la proposition de Darius III d'épouser sa fille Stateira et de gouverner les territoires entre l'Hellespont et le fleuve Halys c'est qu'il y voit, non sans raisons, une concession illusoire de l'achéménide. Celui-ci cède des territoires en dot pour le mariage de sa fille ce qui revient à n'abandonner en aucun cas sa souveraineté sur les territoires concernés. C'est cela que conteste Alexandre qui entend être reconnu comme le maître des territoires déjà conquis. Il applique ainsi le droit grec de la guerre, théorisé par Xénophon :

« C'est une loi universelle et éternelle que, dans une ville prise sur des ennemis en état de guerre, tout, et les personnes et les biens, appartient au vainqueur[31] »

Dès lors, les territoires soumis aux Macédoniens sont systématiquement administrés dans l'objectif de remplir les caisses royales sur le modèle des prédécesseurs achéménides. En Phrygie hellespontique Alexandre nomme un satrape et ordonne aux habitants de « payer les mêmes taxes qu'ils avaient l'habitude de payer à Darius »[32]. Il n'hésite pas à appliquer cette politique à certaines cités grecques, telle Priène.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 16:19

L'expansion commerciale

Ce qui est remarquable dans l'œuvre d'Alexandre c'est la constance et la cohérence de certaines ambitions. Ainsi en est-il de ses projets en Inde et dans le golfe Persique. Il poursuit en effet l'objectif avoué de découvrir ces pays, et d'en exploiter les richesses et les atouts commerciaux. En -326 il fait construire cette immense flotte (plus de 2000 navires) pour descendre l'Hydaspe puis l'Indus entre novembre -326 et janvier -325. Il fonde plusieurs cités, fortifie Pattala dans le delta de l'Indus. Il y a chez Alexandre une véritable curiosité personnelle et il n'hésite pas à effectuer plusieurs reconnaissances en haute mer (chose rare à l'époque). De même le phénomène des marées intrigue le roi et son entourage au plus haut point. L'expédition de Néarque procède de la même ambition. Découvrir une côte inconnue, y constituer des dépôts de vivre, y reconnaître les sites de futurs implantations portuaires....

À peine un an plus tard, peu avant la mort du roi, un projet maritime de grande ampleur vers l'Arabie est repris. Alexandre édifie un port immense sur le golfe Persique (une capacité de plus de 1000 navires) et fait construire une flotte en pièces détachées en Phénicie qui est ensuite montée à Thapsaque, ville située sur l'Euphrate et redescend le fleuve jusqu'à Babylone. Le recrutement d'équipages commence même dans les villes de Phénicie. Arrien explique ainsi les buts d'Alexandre :

« Le projet d'Alexandre était de coloniser la côte du golfe Persique et les îles : il jugeait en effet que cette région pourrait être aussi riche que la Phénicie.....En réalité, à mon avis, c'est qu'il était toujours avide de nouvelles conquêtes.[34] »

On le voit, y compris pour les historiens de l'Antiquité, il est difficile de distinguer les buts économiques, commerciaux des objectifs militaires. Le cas des cités fondées en Asie, évoqué précédemment, montre que si la plupart du temps l'intention militaire est primordiale les intérêts du roi et ceux des colons Grecs et Macédoniens s'y rejoignent. Le roi concède un morceau, somme toute assez réduit, de son domaine à des garnisons et des colons qui assurent la domination des populations rurales asiatiques...et la rentrée des impôts. Cependant, si l'objectif militaire de l'expédition projetée en Arabie est indéniable, celle-ci s’insère dans un vaste projet d'expansion commercial qui vise à contrôler les routes maritimes entre l'Inde, l'Arabie et la Babylonie. Ce projet n'est d'ailleurs que la reprise d'une idée plus ancienne qu'avait développé Darius Ier[35] Ainsi que le relate Hérodote[36] le grec Skylax de Caryanda avait déjà reconnu ces côtes pour le compte de Darius qui avait ainsi fait du golfe Persique un lac perse. C'est ainsi qu'arrivaient en Babylonie les nombreuses richesses de l'Inde (ivoire, esclaves, épices...). Ce contrôle des achéménides s'étant affaibli Alexandre souhaite relance ce projet et s'intéresse surtout à la côte arabe du golfe car celle-ci permet, par le relais de ses ports tels Tylos (Bahreïn) ou Gerrha de rejoindre ensuite la Phénicie que des caravanes peuvent rejoindre. Ainsi Alexandre entend capter à son seul profit le commerce entre l'orient et l'occident dont son empire est l'interface. Il semble qu'Alexandre projette d'établir une liaison directe entre Alexandrie Charax et Alexandrie comme l'indiquent les missions de circumnavigation de la péninsule arabique confiée en -323 à Hiéron, au départ de la Babylonie, et à Anaxicratès au départ de l'Égypte.

Ce projet dénote donc chez Alexandre des vues commerciales ambitieuses. Cela dit il s'agit plus d'une politique fiscale qu'une véritable politique commerciale au sens moderne du terme. Alexandre cherche à restaurer à son profit le monopole royal que Darius Ier avait mis au point dans le golfe. Alexandrie et Alexandrie-Charax doivent ainsi devenir les entrepôts de l'empire où vont s'effectuer les prélèvements royaux. Alexandre espère ainsi en tirer des ressources substantielles afin de mener de nouvelles entreprises de conquêtes[37] Cette politique commerciale est ainsi subordonnée à sa volonté hégémonique.

Cette dernière se dévoile aussi dans la politique monétaire d'Alexandre. Lors de son périple il frappe monnaie pour la première fois à Tarse au printemps de l'année -333. Puis il s'empare des ateliers monétaires de Phénicie tels ceux d'Arados, de Byblos et de Sidon. Plus tard la prise des trésors achéménides donne l'occasion d'augmenter les possibilités de frappe, d'autant qu'une partie de cet or et de cet argent n'était pas monétisée. La politique d'Alexandre consiste en ce domaine à utiliser la monnaie comme arme de propagande (la monnaie dans l'Antiquité en est l'un des vecteurs les plus efficaces) pour imposer son image surtout à destination des cités grecques d'Asie Mineure. Cela dit il ne faut pas oublier que cette économie monétaire est loin d'être partout présente dans l'empire et que la plus grande part de la population, surtout dans la partie orientale de l'empire, est étrangère à son utilisation. Cette volonté d'Alexandre d'unifier la politique monétaire n'empêche pas la frappe de monnayages locaux (en Cilicie ou en Babylonie par exemple bien après le passage du roi.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 16:20

Conclusion sur ce bilan économique

Ce bilan est pour le moins contrasté et soulève encore bien des interrogations. Alexandre n'est-il que « le brigand des nations », ainsi que le surnomme un ambassadeur scythe, c’est-à-dire avant tout un prédateur dont le pillage est le mode d'acquisition préféré ou au contraire un monarque soucieux de reconstruire sur le long terme des structures économiques stables et désireux de laisser des traces d'une « activité bienfaisante»[39] La vérité oblige à dire que la première hypothèse est la plus crédible. Qu'est-ce, sinon une opération de pillage organisée de l'Asie vers l'Europe, que ces prélèvements fiscaux sur les masses paysannes et les droits de commerce qui sont ensuite redistribués aux officiers et soldats d'Alexandre. Entre -333 et -323 ce sont près de 30 000 mercenaires grecs (sans compter les soldats macédoniens) qui regagnent leur patrie avec leur butin. À la veille de sa mort Alexandre charge Cratère de raccompagner près de 50 000 vétérans supplémentaires. Même si ce mouvement monétaire d’Asie vers l'Europe se renverse plus tard, au profit des monarchies hellénistiques, il illustre le peu de bénéfices économiques immédiats que l'Asie tire du passage du souverain macédonien à l'exception notable des classes dominantes au temps de l'empire achéménide. L'expédition projetée en Arabie entre bien dans ce cadre d'expansion impérialiste. Qu'est-ce sinon la volonté de s'emparer des profits commerciaux des Arabes au bénéfice exclusif du roi ? De ce point de vue donc la conquête macédonienne ne constitue pas une rupture brutale. Alexandre recueille l'héritage achéménide en substituant à la domination perse celle d'une couche sociale, qu'il désire mixte - perse et macédonienne -, au service d'un roi tout puissant.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 16:22

Construction du mythe d'Alexandre le Grand

La construction du mythe


Onésicrite et Callisthène compagnons d'Alexandre sont à l'origine de la légende dans leurs récits des campagnes d'Asie. Au IVe siècle av. J.-C., l'historien grec Clitarque d'Alexandrie écrit une Histoire d'Alexandre déjà remplie de fables. Ce fut le premier ouvrage à construire le mythe.

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En Égypte, sous le règne des Ptolémées, se crée la plus grande part du mythe. Pour légitimer leur dynastie, ils inventent un Alexandre égyptien de caractère divin par une assimilation à des dieux ou à des héros comme Héraclès.

L'admiration pour le conquérant gagne progressivement Rome. Pendant la deuxième guerre punique, Plaute y voit le modèle parfait du héros.

Mais à Alexandrie, on entend rester maître de la légende. Une Histoire d'Alexandre le Grand, écrite par un pseudo-Callisthène vers 222, raconte qu'Alexandre n'est pas le fils de Philippe de Macédoine mais le fils d'Olympias et du dernier pharaon d'Égypte qui va se réfugier à Pella, capitale de la Macédoine, pour fuir l'armée perse. Le héros du pseudo Callisthène parcourt tout l'univers connu et mythique, agrémentant ses déplacements d'aventures merveilleuses (dont certaines appartenaient déjà à l'Épopée de Gilgamesh).

En Iran, l'histoire d'Alexandre (appelé "Iskandar" en persan) est abondamment reprise dans le Shâh Nâmâ de Ferdowsi, qui s'est très largement inspiré de l'Iskandar Nâmâ du pseudo-Callistène. C'est un passage très développé, qui présente peu de points communs avec l'histoire réelle. Alexandre est présenté comme un sage, qui a notamment dépassé le bout du monde, conversé avec l'arbre waq-waq...

Ces voyages et ces récits sont repris et enjolivés dans des versions postérieures de ce premier « roman » d'Alexandre. Une des dernières est écrite en France au XIIe siècle.
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Message  Admin Dim 4 Nov - 16:23

Les récupérations

* Les Juifs :
o Le pseudo-Callisthène leur a déjà ouvert la voie, narrant une rencontre entre Alexandre et le grand prêtre de Jérusalem. Le Talmud reprenant cette tradition, fait d'Alexandre un héros sémitique, défenseur et propagateur de la religion du Dieu unique.
o Selon le Talmud, Alexandre vit en rêve chaque veille de bataille le visage du grand prêtre Juif, après chaque « rencontre » il savait comment gagner la bataille, ou s'il n'allait pas gagner la bataille. Lors de son arrivé aux portes de Jérusalem, il vit le grand prêtre, reconnaissant sa grandeur, il s'agenouilla devant lui, le grand prêtre fit de même et naquit ainsi une amitié entre le peuple Juif et Alexandre.
o Alexandre est aussi présent dans la Haggadah.
* Les Chrétiens d'orient :
o Une version syriaque du pseudo-Callisthène (vers 514) insiste sur le voyage au pays des ombres et la construction de la muraille - ou « mur d'airain » - destinée à contenir les assauts de Gog et Magog.
* Les Musulmans :
o La Sourate de la caverne (Sourate XVIII) mentionne Dhû'l-Qarnâ' « le Bicornu ». Dans cette Sourate, le Coran s'inspire de l'histoire légendaire d'Alexandre.
o On retrouve cet Al-Iskandar Dhû'l-Qarnâ' dans des passages des Mille et une nuits.

Alexandre le Grand - Page 2 Alexandre_aya_sophia_1
Mosaïque d'Alexandre dans la mosquée Hagia_Sophia (Saint-Sophie)
Istanbul, Turquie
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Message  Admin Dim 4 Nov - 16:24

Alexandre dans le Coran

Certains identifient la personnalité de Dhû'l-Qarnâ' cité dans le Coran à Alexandre :

« Ils t'interrogent au sujet de Dhû'l-Qarnâ'. Dis : « Je vais vous raconter une histoire qui le concerne. » Nous avions affermi sa puissance sur la terre et nous l'avions comblé de toutes sortes de biens. »
(Le Coran, XVIII, 83)

Tabarî a tenté une explication sur l'origine de la relation aux cornes. Cette thèse n'est cependant appuyée par aucune preuve concrète :

« Alexandre est appelé Dhû'l-Qarnâ' pour cette raison qu'il alla d'un bout à l'autre du monde. Le mot qarn veut dire une corne, et on appelle les extrémités du monde “cornes”. Lui, étant allé aux deux extrémités du monde, tant à l'orient qu'à l'occident, on l'appelle Dhû'l-Qarnâ [1] ».

On considère généralement que le nom de Dhû'l-Qarnâ' donné à Alexandre le Grand a une explication plus simple. En effet, on peut voir Alexandre, portant les cornes du dieu Ammon, sur le tétradrachme frappé à son effigie. Cette pièce a circulé dans tout l'Orient et a servi de modèle aux monnaies arabes (le mot dirham vient du grec drachme, δραχμη / drakhmê).

Toutefois, plusieurs théologiens et historiens musulmans — dont As-Suhayliy (XIIIe siècle), Ibn Taymiyyah (XIVe siècle) et Al-Maqrîziy (XVe siècle) — réfutent l'idée selon laquelle Dhû'l-Qarnâ' serait Alexandre, et font remonter le personnage coranique à l'époque d'Abraham.
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